Mon expérience avec le sommeil polyphasique

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Mon expérience avec le sommeil polyphasique

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7 minutes
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Il y a 5 jours

Qui n’a jamais rêvé de dormir moins sans pour autant être plus fatigué ? 👋

Personnellement, j’aime beaucoup dormir. D’ailleurs si je devais choisir un animal totem, il se pourrait bien que je choisisse le koala. Parce que dormir c’est avant tout être au calme et coupé de tout.

Alors, pourquoi vouloir réduire ce moment si agréable ?

Probablement parce que nos journées sont souvent trop courtes pour faire tout ce que nous avons besoin et envie de faire. Donc courir après le temps est sûrement LE sport international.

Malheureusement les règles sont les mêmes pour tout le monde : une journée se compose de 24 heures.

Seulement voilà, sur ces 24 heures, environ un tiers est réservé au sommeil. Donc quand on a beaucoup de choses à faire dans sa journée, c’est généralement sur ce temps qu’on vient piocher.

Pour ma part, le sommeil est un sujet qui m’a toujours intéressé. Si on passe un tiers de ses journées à dormir, on y passe aussi un tiers de sa vie. Alors comment peut-on négliger une activité qui prend une place aussi importante dans nos vies ?

Dans cet article, je vous partage mon expérience et ce que je sais au sujet du sommeil polyphasique.

Qu'est-ce que le sommeil polyphasique

Le mot polyphasique vient du grec ancien.

Comment ça vous ne savez pas parler le grec ancien ?

Bon j’avoue que moi non plus. Mais honnêtement, même sans avoir aucune notion de grec ancien, il est assez facile de comprendre ce mot.

On peut décomposer le mot en deux parties, d’abord «poly» qui veut dire plusieurs et «phasique» qui signifie phase.

Le sommeil polyphasique c’est donc un sommeil en plusieurs phases. Plutôt simple non ?

La toute première chose à comprendre c’est que le sommeil polyphasique est le contraire du sommeil monophasique. Dormir de façon monophasique, donc en une seule fois, c’est ce que la grande majorité des êtres humains font actuellement.

Mais ce qui est intéressant c’est que cette façon de dormir n’a jamais été notre modèle par défaut.

D’abord, il faut savoir qu’une grande partie des animaux dorment de manière polyphasique. La raison est plutôt simple d’ailleurs. Rares sont les animaux au sommet de la chaine alimentaire et qui ne sont donc pas des proies pour les autres.

Pour ces animaux entourés de prédateurs, le danger est constant et dormir devient une activité risquée.

Maintenant si on regarde notre évolution en tant qu’être humain, forcé de constater que nous avons passé énormément de temps à être plus proches d’un singe que de ce que nous sommes devenus aujourd’hui.

Donc pendant très longtemps, nous avons utilisé le sommeil polyphasique parce que notre environnement extérieur et notre condition ne nous permettaient pas le sommeil monophasique.

Mais même quand les choses ont un peu changé pour nous, nous n’avons pas tout de suite basculé dans le sommeil monophasique. Par exemple, au Moyen-Âge, il était normal de se lever en pleine nuit pour marcher, discuter ou encore manger.

D’ailleurs même aujourd’hui le sommeil monophasique n’est ni universel ni notre mode par défaut. En Espagne par exemple, il est courant de faire une sieste après le déjeuner et de reprendre le travail vers 15-16 heures.

Oui je sais, d’un coup vous aussi vous aimeriez être espagnol.

Mais que l’on parle d’Espagnols, de Français, de Russes, de Chinois ou encore d’Américains, nous avons tous déjà expérimenté le sommeil polyphasique. Si je vous assure, même vous.

Tout simplement parce que nous avons tous été bébés et à cet âge dormir en plusieurs fois est tout à fait normal.

Pour conclure, nous avons beaucoup évolué en tant qu’être humain, mais notre monde aussi.

Pour la plupart d’entre nous, nous avons la chance de pouvoir dormir sur nos deux oreilles sans craindre pour notre vie. Mais comme on vient de le voir, ça n’a pas toujours été le cas.

Le fait de dormir a pendant très longtemps était associé à de la vulnérabilité et nous n’avons pas eu d’autre choix que d’adapter notre sommeil.

Les différents modèles polyphasiques

Bon maintenant voyons concrètement en quoi consiste le sommeil polyphasique.

Tout d’abord il faut savoir qu’il n’existe pas un seul modèle de sommeil polyphasique, mais plusieurs. Vous allez voir, certains sont plus extrêmes que d’autres.

J’imagine qu’en voyant certains modèles vous vous dites déjà «quelle idée de dormir aussi peu, c’est mauvais pour la santé».

Alors oui, et non.

Comme dans beaucoup de choses dans la vie, la quantité n’est pas égale à qualité, et c’est d’ailleurs le cas pour le sommeil.

Le fait de dormir beaucoup n’apporte pas nécessairement une meilleure santé et une plus grande énergie. Regardez par exemple, qui a déjà fait une grosse nuit, mais a quand même eu des coups de fatigue dans la journée ?

Tout le monde a déjà vécu ça.

Alors attention, je ne dis pas que la quantité de sommeil n’est pas importante. Mais quand le sommeil n’apporte pas l’énergie nécessaire et une meilleure santé, ce n’est pas QUE lié au nombre d’heures de sommeil.

Souvent, quelqu’un qui se sent fatigué va avoir tendance à se rappeler de cette fameuse «règle» qui dit qu’un adulte devrait dormir entre 7 et 9 heures et un adolescent entre 8 et 10 heures.

Le souci c’est que cette information ne prend ni en compte la génétique de la personne ni son environnement.

Par exemple quand j’étais adolescent, et je pense que c’est le cas de beaucoup d’autres, ça ne me posait aucun problème de dormir 10 heures.

Mais ça ne me posait pas non plus de problème de passer une partie de mes nuits à jouer aux jeux-vidéos et à manger des pizzas accompagnées de RedBull.

Résultat : j’étais encore fatigué même avec mes 10 heures de sommeil.

Au contraire, il m’est aussi arrivé de devoir dormir 6 heures et de me réveiller avec beaucoup plus d’énergie que si j’avais dormi 10 heures.

Ce que je vous dis là, je suis sûr que vous aussi vous l’avez déjà vécu. Bon peut-être sans la partie avec le RedBull et la pizza.

Tout ça pour dire que oui, le manque de sommeil est mauvais pour la santé. Mais c’est avant tout le manque de sommeil de qualité qui est mauvais.

Et c’est là tout l’intérêt du sommeil polyphasique : optimiser le sommeil de qualité et en supprimer ce qui n’est pas «indispensable».

Alors je précise, loin de moi l’idée de prétendre savoir ce qu’est un sommeil de qualité et ce qui n’est pas indispensable dedans. Je ne suis pas un expert du sommeil et le sujet est bien trop important et complexe pour donner de mauvaises informations.

Par contre, ce dont je suis sûr c’est qu’expérimenter le sommeil polyphasique, même sur une courte période, est très intéressant pour comprendre son sommeil et ses besoins.

La fragilité du sommeil

Le sommeil polyphasique n’est envisageable que si notre environnement le permet.

Pouvoir se permettre de s’organiser par rapport à son sommeil c’est une chose, mais avoir un environnement qui permet une qualité de sommeil en est une autre.

Par «environnement», je parle autant de l’environnement extérieur, donc l’endroit où vous dormez et les personnes avec qui vous habitez, que de l’environnement «intérieur», donc tout ce qui est lié à vous-même et à votre corps.

Voici une petite liste des 10 choses qui nuisent à un sommeil de qualité et qui ne permettront pas d’avoir des résultats concluants en expérimentant le sommeil polyphasique.

Environnement extérieur

⛔ Dormir avec une personne qui s’endort et se réveille à des heures différentes

⛔ Être dans un immeuble bruyant

⛔ Avoir un mauvais matelas, cousin et une mauvaise couette

⛔ Être dans une pièce trop chaude ou trop froide et qui ne peut pas être dans le noir complet

Environnement intérieur

⛔ Avoir une mauvaise alimentation

⛔ Ne pas faire d’exercices physiques

⛔ Être stressé

⛔ Consommer trop d’alcool, de caféine ou de cigarette

Autres

⛔ Être sur les écrans avant de dormir

⛔ Ne pas être régulier sur les heures d’endormissement et de réveil

Alors oui je sais, c’est difficile de n’avoir aucun de ces éléments.

Mais si je vous partage cette liste, c’est pour que vous compreniez qu’avant même de faire des changements votre quantité d’heures de sommeil, votre priorité devrait être de changer les conditions dans lesquelles vous dormez.

Mon avis sur le sommeil polyphasique

Pour ma part j’ai expérimenté les modèles Uberman et Everyman 2. Oui j’aime les choses extrêmes.

Uberman est donc le modèle qui consiste à dormir sous forme de plusieurs siestes de 20min réparties sur la journée. Soit un total d’environ 2h de sommeil.

Le modèle Everyman 2 est moins extrême puisqu’il est composé d’une nuit de 4h30 et deux siestes de 20min, pour un total de 5h10 de sommeil.

Vous vous en doutez sûrement, le modèle Uberman a été celui le plus compliqué à mettre en place et à tenir. De mémoire je n’ai tenu qu’une semaine. Alors que j’ai tenu le modèle Everyman 2 pendant environ deux mois.

Maintenant voici mon avis sur le sommeil polyphasique par rapport à mon expérience.

En faire une expérience temporaire

Tout d’abord, je pense que tous les modèles du sommeil polyphasique, à l’exception de la siesta, doivent être pratiqués temporairement. Comme on l’a vu juste avant, avoir toutes les conditions réunies pour un sommeil de qualité est difficile. Et avoir une faible quantité de sommeil mélangée avec une mauvaise qualité est pour le coup, très mauvais. Je pense donc qu’il faut faire attention quand on entreprend ce type d’expérience à faire en sorte que les conditions soient réunies pour ne pas jouer avec sa santé.

En faire une découverte plus qu'un challenge

Si je devais recommencer le sommeil polyphasique, je choisirais un modèle au plus proche de ce que je fais déjà aujourd’hui. Passer d’un sommeil monophasique d’environ 8h de sommeil à un sommeil polyphasique de 2h de sommeil est, avec du recul, trop extrême.

Mais si vous testez un modèle, peu importe celui que vous choisirez, les débuts seront nécessairement compliqués. Il faut préserver entre 1 à 2 semaines pour que le corps puisse s’habituer.

Passé ces deux semaines, votre corps sera habitué et vous pourrez profiter des avantages du sommeil polyphasique.

Personnellement ce que j’ai découvert, c’est que ne pas dormir quand la plupart des gens dorment est une sensation étrange. Comme si on avait une «avance» sur les autres.

C’est à la fois très reposant et motivant.

Vous verrez aussi qu’en dormant peu, vous ne verrez plus les siestes de la même façon qu’avant. Elles vous donneront l’impression de dormir des heures alors que vous avez passé seulement quelques minutes allongé. Parfois même, vous arriverez à faire des rêves très intenses dont vous n’aurez aucun mal à vous en souvenir à votre réveil.

Savoir pourquoi on le fait

Pour finir, voici la note philosophique.

Avoir un sommeil polyphasique c’est intéressant, mais encore faut-il le faire pour de bonnes raisons. Pour ma part, quand j’ai fait ma première expérience à ce sujet, je l’ai fait parce que j’associais le fait de dormir à de la paresse. Et je pense que c’est le cas de beaucoup de personnes.

Si j’allais voir une personne en lui disant que je dors 10h par nuit, je suis quasiment sûr que cette personne pensera que je ne suis pas quelqu’un de productif et travailleur. À l’inverse, on a tendance à glorifier le travailleur acharné qui n’a pas d’autre choix que de dormir très peu.

Aujourd’hui, je pense que quelqu’un qui dort beaucoup n’est pas forcément une personne paresseuse et qu’il n’y a rien de glorieux à négliger la qualité de son sommeil pour son travail.

La deuxième chose dont j’ai pris conscience c’est qu’on toujours manquera de temps.

On pourrait avoir des journées de 30 heures et des vies de 200 ans qu’on trouverait le moyen de dire que ce n’est pas assez.

J’ai compris que quand on court après le temps on ne profite du jamais moment présent. Et c’est justement ne pas profiter du moment présent qui est une perte de temps, pas le fait de dormir.

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